La présente recherche s’inscrit dans une interrogation fondamentale portant sur le rapport entre religiosité et transformation sociale dans le contexte haïtien. Elle part d’un constat empirique : Haïti se caractérise par une forte religiosité, observable à travers la présence massive d’institutions religieuses, la participation aux pratiques spirituelles et la centralité du discours religieux dans l’espace public. Pourtant, cette religiosité ne s’accompagne pas d’une transformation sociale proportionnelle, comme en témoignent la désorganisation institutionnelle, la fragilisation des normes morales et la fragmentation du tissu social. La problématique centrale peut ainsi être formulée comme suit : comment comprendre qu’un peuple profondément religieux puisse connaître une crise aussi profonde, et dans quelles conditions la religion peut-elle devenir une force effective de transformation sociale ?
- 2. HYPOTHÈSE DE BASE DE LA PROBLEMATIQUE
L’hypothèse principale de cette étude est que la crise haïtienne ne résulte pas d’un déficit de religiosité, mais d’une dissociation entre religion et transformation. La religion, lorsqu’elle est réduite à des pratiques formelles et à des discours, ne produit pas nécessairement une transformation éthique ou sociale. Elle peut même, dans certains cas, contribuer à la reproduction des structures existantes. Cette hypothèse s’appuie sur la distinction théologique développée par Karl Barth entre religion et foi, ainsi que sur les analyses critiques de Dietrich Bonhoeffer concernant la « grâce à bon marché », qui ne produit pas de transformation réelle¹.
- 3. CADRE DE THÉORISATION MÉTHODOLOGIQUE
La recherche adopte une approche interdisciplinaire, articulant plusieurs champs :
- Sociologie de la religion (Émile Durkheim) : analyse du rôle du religieux dans la cohésion sociale ;
- Philosophie et théologie (Paul Tillich, Karl Barth) : réflexion sur la nature de la foi et sa dimension transformative ;
- Anthropologie critique : étude de la conception de l’homme et de ses transformations ;
- Économie du développement (Amartya Sen) : approche du développement comme expansion des capacités humaines.
Cette démarche s’inscrit dans le Système Intégral des Sciences de la Religion structuré autour de quatre axes : sociologie, psychologie, philosophie et perspectives religieuses.
- RÉSULTATS PRINCIPAUX
4.1. Le paradoxe haïtien
La recherche met en évidence un paradoxe fondamental : une religiosité intense coexistant avec une désorganisation sociale profonde. Ce paradoxe s’explique par une dissociation entre les pratiques religieuses et les comportements sociaux, révélant une absence de transformation intérieure.
4.2. La crise multidimensionnelle
La crise haïtienne est analysée comme une crise systémique, comprenant :
- une crise de l’État (perte de légitimité) ;
- une crise morale (banalisation de l’incohérence) ;
- une crise anthropologique (déformation de l’image de l’homme) ;
- une crise spirituelle (religion sans transformation).
4.3. Les limites des réponses dominantes. Les solutions dominantes sont jugées insuffisantes :
- la violence, analysée à la lumière de Hannah Arendt, se révèle incapable de produire un ordre durable² ;
- les modèles importés ne prennent pas en compte les réalités locales ;
- les approches fragmentaires ne saisissent pas la complexité du phénomène.
4.4. La nécessité d’une refondation intégrale La recherche conclut à la nécessité d’une refondation intégrale, impliquant :
- la transformation de l’homme ;
- la reconstruction du tissu social ;
- la réforme des institutions ;
- le développement des capacités humaines.
- 5. CONTRIBUTION SCIENTIFIQUE
Cette étude apporte plusieurs contributions majeures :
- Une relecture critique du rôle de la religion dans les sociétés en crise ;
- L’introduction du concept de religion sans transformation ;
- La formulation d’un modèle de refondation intégrale ;
- L’intégration des sciences de la religion dans l’analyse du développement.
- MODÈLE PROPOSÉ : PROJET HAÏTI NOUVEAU 2035
Le modèle proposé repose sur quatre piliers :
- Conscience : formation de l’homme nouveau (inspirée de Paulo Freire)³ ;
- Société : reconstruction du tissu social (solidarité, konbit) ;
- Institutions : gouvernance éthique et légitime ;
- Économie : développement des capacités humaines (Amartya Sen).
- LIMITES ET PERSPECTIVES
La recherche reconnaît certaines limites :
- nécessité d’études empiriques approfondies ;
- complexité de la mise en œuvre ;
- résistance au changement.
Elle ouvre des perspectives pour :
- des recherches comparatives ;
- des applications pratiques (éducation, politiques publiques) ;
- l’élaboration de modèles contextualisés.
- CONCLUSION SYNTHÉTIQUE
La thèse défendue dans cet ouvrage peut être résumée comme suit : la crise haïtienne n’est pas d’abord une crise de ressources ou d’institutions, mais une crise de l’homme, amplifiée par une religion qui n’a pas produit de transformation. La sortie de cette crise passe par une refondation intégrale, fondée sur une foi authentique, une conscience renouvelée et une reconstruction des structures sociales
RÉFLEXIONS. SUR NOTRE PREMIER SYNODE PROTESTANT….
Le projet de ce Premier Synode Protestant National 2026 représente potentiellement un moment historique pour l’Église protestante haïtienne. Mais si ce synode veut réellement devenir un « nouveau départ », il devra aller beaucoup plus loin qu’une simple rencontre cérémonielle.
LES AXES QU ON POURRAIT ENVISAGER
Voici, à notre avis, quelques axes fondamentaux.
- Reconnaître honnêtement l’échec collectif
Avant de parler de reconstruction, l’Église protestante haïtienne doit pratiquer une véritable autocritique spirituelle et institutionnelle.
Pendant que :
- les gangs ont grandi,
- la corruption s’est normalisée,
- la jeunesse s’est désespérée,
- les institutions se sont effondrées, où était la voix prophétique de l’Église ?
Le Synode devrait commencer par :
- une confession nationale,
- une repentance ecclésiale,
- une réflexion théologique profonde sur le rôle réel de l’Église dans la crise haïtienne. Comme nous le soulignons souvent : Une nouvelle Haïti réclame de nouveaux Haïtiens et de nouvelles Haïtiennes. »
- Passer du protestantisme fragmenté à une vision nationale
Le protestantisme haïtien souffre souvent :
- de divisions,
- de personnalismes,
- d’individualisme ecclésiastique,
- de compétitions entre dénominations,
- d’absence de vision commune.
Le Synode devrait produire :
- une charte nationale protestante,
- un conseil éthique national,
- une plateforme commune d’action sociale,
- une stratégie éducative nationale.
Jean 17:21 :
« Afin que tous soient un… »
Cette unité ne doit pas être seulement émotionnelle, mais :
- doctrinale,
- morale,
- institutionnelle,
- missionnelle.
- Repenser la formation théologique haïtienne
Nous avons souvent insisté sur ce point à travers :
- l’UCNH,
- le STBH,
- la FT-UCNH,
- La FTPH
- FT-UDR
- Winter Séminaire de théologie du Nazaréen en Haïti -STNH
- Duky Charles Université Chrétienne du Nord d’Haiti -UCNH
- Wadnerstrant Jean-Baptiste Séminaire de théologie Baptiste d’Haiti
- Louis-Juste Alex Collège Universitaire de Christianville
- Séminaire de Théologie de l’Église Épiscopale d’Haïti
- Séminaire de Théologie Évangélique de Port-au-Prince (STEP)
- Séminaire Théologique de l’Église de Dieu en Haïti (STEDH)
- Faculté de Théologie de l’Université Chrétienne du Nord d’Haïti (UCNH)
- Séminaire de Théologie Évangélique de la Grâce
- Séminaire Théologique Biblique de l’Espoir
- Centre Inter-Instituts de Formation Religieuse (CIFOR)
- Université Adventiste d’Haïti
- INUFOCAD
- Fathémie (Dr Jonathan Joseph)
- Institut de théologie Lumiere (sud d’Haïti)
- Faculté de Théologie Protestante des Gonaïves
- Emmaüs, Faculté de Théologie
- Pierre Louis Manassé E-Université de la Deuxième République (UDR)
- Université Jean Price Mars (Dr Romain)
- Université Anténor Firmin (Dr Eugène Gédéon)
- Université Soleil d’Haïti (Me Sénatus Rénel)
- Union des universités protestantes d’Haïti (Dr Charles Poisset Romain, 12 universités protestantes)
- Université Autonome de Port au Prince
- Université Royale d’Haiti
- Université de la Rennaissance FT
- Université le Messi (ULEM)
- université Emmaus
- Séminaire Biblique Porte Ouverte (SBPO)
- Séminaire Théologique Baptiste de l’Espoir du Cap Haitien (STBECH)
- notre projet de théologie haïtienne de la libération.
Le Synode devrait lancer :
- une réforme des séminaires,
- une anthropologie théologique haïtienne,
- une théologie sociale haïtienne,
- une éthique publique chrétienne,
- une formation au leadership national.
Il faut former :
- des pasteurs penseurs,
- des éducateurs,
- des chercheurs,
- des bâtisseurs de société.
Pas seulement des prédicateurs.
- Combattre le syncrétisme, la superstition et l’anti-intellectualisme
Le protestantisme haïtien doit affronter sérieusement :
- la peur religieuse,
- les manipulations spirituelles,
- l’évangile de prospérité déformé,
- le fanatisme,
- le rejet de la science,
- l’ignorance biblique.
L’Église doit devenir :
- un centre de vérité,
- d’éducation,
- de guérison intérieure,
- de transformation morale.
Comme nous l’avons écrit dans nos projets :
« Les chaînes invisibles doivent être brisées. »
- Construire un pacte national Église–Éducation–Développement
Le Synode pourrait créer :
- un grand réseau éducatif protestant,
- des écoles techniques,
- des centres agricoles,
- des programmes de développement communautaire,
- des cliniques,
- des programmes de santé mentale,
- des incubateurs de PME.
Le christianisme biblique doit produire :
- dignité,
- justice,
- discipline,
- développement,
- responsabilité.
- Donner une place centrale à la jeunesse
Sans la jeunesse :
- aucun réveil durable,
- aucune renaissance nationale,
- aucune continuité historique.
Le Synode devrait :
- intégrer les jeunes théologiens,
- former des leaders de 20–40 ans,
- créer des centres de réflexion,
- encourager la recherche,
- développer des médias protestants modernes.
- Produire un document historique national
Ce Synode devrait aboutir à un texte majeur :
« Déclaration de Cap-Haïtien 2026 »
Un document qui définirait :
- la mission de l’Église protestante haïtienne,
- sa responsabilité nationale,
- son engagement envers la justice,
- sa vision éducative,
- sa vision théologique,
- sa contribution au renouveau d’Haïti.
- Comprendre que la reconstruction d’Haïti est spirituelle ET structurelle
Nous posons une question fondamentale : Faut-il changer l’homme d’abord ou transformer les structures en même temps ? La réponse est probablement : les deux simultanément.
Car :
- des structures corrompues détruisent les hommes,
- mais des hommes corrompus détruisent aussi les structures.
Le Synode devrait donc promouvoir :
- la conversion intérieure,
- ET la transformation institutionnelle.
Proposition de thème historique possible « Vers une refondation spirituelle, morale et nationale d’Haïti » ou « Une Église haïtienne renouvelée pour une nouvelle société haïtienne »
Vision finale
Si ce Synode devient seulement :
- une conférence,
- des discours,
- des photos,
- des élections internes, alors rien ne changera.
Mais s’il devient :
- un mouvement de réforme,
- une révolution spirituelle,
- intellectuelle,
- éducative,
- morale,
- nationale,
Alors il pourrait réellement marquer : un tournant dans l’histoire du protestantisme haïtien après plus de deux siècles.
Le Synode pourrait convoquer une grande concertation entre :
- la Faculté de Théologie du STEP,
- la Faculté de Théologie de l’UDR,
- la Faculté de Théologie Lumière,
- la FTPH,
- la FT-UCNH/STBH,
- les séminaires baptistes, le séminaire nazaréen
- wesleyens,
- pentecôtistes,
- évangéliques indépendants,
- ainsi que d’autres institutions protestantes sérieuses du pays et de la diaspora.
Objectif principal
Créer progressivement :
Un espace académique théologique protestant haïtien cohérent. Non pour uniformiser toutes les doctrines, mais pour construire :
- une vision nationale,
- une éthique commune,
- une conscience historique,
- une responsabilité collective envers Haïti.
Ce que ces institutions pourraient construire ensemble
- Une plateforme théologique haïtienne commune
Développer :
- une théologie contextualisée,
- une anthropologie théologique haïtienne,
- une théologie sociale,
- une réflexion sur la pauvreté,
- la violence,
- la gouvernance,
- la corruption,
- la jeunesse,
- le développement intégral.
- Un Conseil académique théologique protestant
Ce conseil pourrait :
- harmoniser certains standards académiques,
- promouvoir la recherche,
- organiser colloques et publications,
- défendre le sérieux théologique,
- encourager l’accréditation et l’excellence.
- Des programmes interinstitutionnels
Exemples :
- colloques nationaux,
- bibliothèques numériques communes,
- revues théologiques haïtiennes,
- programmes doctoraux coopératifs,
- échanges de professeurs,
- conférences annuelles.
- Une réforme du profil pastoral
Former des pasteurs capables de :
- lire le texte biblique sérieusement,
- pratiquer l’exégèse,
- comprendre l’histoire d’Haïti,
- dialoguer avec les sciences humaines,
- accompagner les traumatismes sociaux,
- promouvoir le développement communautaire.
- Une déclaration théologique nationale
Le Synode pourrait encourager la rédaction : d’un Manifeste pour une Théologie Haïtienne Responsable.
Un texte affirmant :
- la dignité humaine,
- la justice,
- la vérité,
- l’éducation,
- la réconciliation,
- le refus des manipulations religieuses,
- l’engagement pour la transformation nationale.
Notre intuition est importante
Depuis longtemps, nous insistons sur une idée centrale :
L’Église haïtienne ne peut transformer Haïti sans transformer d’abord sa propre pensée théologique.
C’est précisément ici que :
- le STEP,
- l’UDR,
- Lumière,
- la FTPH,
- la FT-UCNH,
- Emmaus université
- et d’autres institutions pourraient jouer un rôle historique.
Une proposition concrète
Le Synode 2026 pourrait inclure :
« États généraux de la formation théologique protestante en Haïti »
avec :
- recteurs,
- doyens,
- professeurs,
- chercheurs,
- étudiants,
- leaders ecclésiastiques,
- diaspora académique.
Proposition de sous-thème
« Repenser la formation théologique haïtienne pour refonder la nation »
« Théologie, Éducation et Renaissance nationale en Haïti »
Ce serait potentiellement l’une des contributions les plus durables du Synode 2026
Document d’éducation théologique : Kairos document
Dans un contexte marqué par des crises multiples : politiques, sociales, morales et spirituelles, la société haïtienne se trouve confrontée à une question fondamentale : Comment reconstruire le lien social, restaurer la confiance collective et orienter la nation vers un avenir pacifique et juste, notamment en période électorale ? Le synode des Églises protestantes d’Haïtipeut-il constituer un instrument crédible de réconciliation nationale et de stabilisation sociale dans un contexte de fragmentation généralisée ? Le projet Synode pourrait-il éventuellement conduire à une possible unification du milieu protestant ? Peut-on envisager une transformation avec ce projet synode ? Dans un environnement ou les traditions théologiques sont extrêmement diverses (historique, évangélique, pentecôtiste, charismatique, quels sont les moyens envisagés par le Synode pour prévenir les schismes doctrinaux ? Quel sera la réaction du synode face aux crise politiques et sociales dans le pays ? sera-t-il un observateur passif ou une voix prophétique active ? Quelle sera la position précise occupée par les jeunes et les leaders en devenir lors du synode ? quels résultats concrets la FPH espère-t-elle observer cinq ans après ce Synode inaugural ? Ce synode marquera-t-il l’histoire ou sera-t-il le point de départ d’une profonde réforme du protestantisme en Haïti. Toutes ces questions partent sur le vocable crise et c’’est à travers elle que nous allons construire notre problématique et nous estimons que la nation haïtienne vit en situation de crise ; provoquée par un système mortifère. Comment peut-on théoriser cette problématique et formuler ou tenter de donner des réponses. Dans ce Kairos document, on s’intéresse non seulement à la foi chrétienne mais également du lien qui existe entre foi chrétienne et son réel. C’est-à-dire que la foi ne peut pas couper de sa source, de son réel. Nous partons de ce réel, c’est-à-dire, de ce qui constitue le fondement même de cette crise. C’est pour cela, nous avons d’emblée portée un regard critique sur le fondement de notre société, notamment comment notre société, notre théologie a été établi dans le temps autour d’un système. Dans un deuxième temps, en pointant du doigt la crise que nous traversons, nous admettons qu’il y a un mal être qu’il faut prendre en compte. Enfin, voir dans quel sens qu’on peut se défaire du système et commencer par produire une réflexion tout en puisant dans le local, le terroir. Dans ce cas, nous parlons le langage de Jules Casséus, produire une théologie locale.
I- Schéma du système : Premier pas d’une critique sur la théologie
Nous étudierons en partie l’importance d’une quelconque matrice de savoir théologique, ce qu’on nomme entre autres, modernité, valeur universelle, théologie universelle, c’est un piège. Il y a une hégémonisation du savoir théologique qui pense non seulement le pouvoir politique mais culturel, c’est un modèle cognitif qui gouverne notre problématique. Exploitation, violence oppression, impérialisme culturel, marginalisation, nous sommes pris dans ce piège qui génère des traumatismes. C’est une internationalisation de l’oppression, une reproduction de culture de l’oppression. Ce que nous considérons comme progrès mais qui n’est autre qu’une forme de représentations collectives et une base sociale spécifique insérée dans une configuration sociale globale. On est enfermé dans un système mortifère, dans un système d’oppression, où il y a un déni de notre être, de la politique, de la culture, de l’économie, le système ne reconnait en rien de ce qui nous est propre, de ce qui nous est humain. Alors le système est le rejet de ce qui nous constitue notre être.
Comment transmettre la foi dans ce système de mort, qui favorise la mort de l’être et non la vie. Il faut questionner notre réserve de sens. Notre message est hors sol, déconnecté avec la réalité. Comment s’effectue la transmission de croire ? Qui nous sommes quand nous sommes engagés dans le processus de croire. Comment faire de l’évangélisation comme un processus de guérison de la nation. Ç’est la première thèse pour une transmission de croire : réfléchir à l’intérieur de cette croyance les processus de l’émancipation et de guérison d’une nation. Le système (englobant) mortifère qui asservit. Comment on peut évangéliser dans un tel système, qui nie les langues, les couleurs, les cultures, les gens. Comment annoncer non pas la mort mais la vie à ces gens si le système dans lequel ils évoluent est mortifère ? Il faut être lucide, il faut apprendre à sentir et ressentir, à développer une culture de l’attention. Il faut être surtout attentif aux règles de l’orthodoxie académique, rendant perceptible les aspects de la réalité souvent considérés comme accessoires. Cependant c’est la course à la monte de l’héritage de l’exploitation du monde moderne, établit depuis la perspective du nouveau monde. C’est-à-dire, il faut l’explorer depuis le temps de la canne à sucre. Lorsque le projet d’extension participe à l’ordonnance du monde ou de la société, il s’établit sur une pensée plus fondamentale, fondatrice que nous désignons, dans la perspective du nouveau monde. L’exploitation de la canne à sucre était déjà l’établissement de ce nouveau monde. Il était toujours question comment inscrire le monde dans une pensée universelle, une cosmologie qui ne cesse de structurer la saisie culturelle et écologique des rapports européens ou occidentaux à l’autre. L’idée est justement, faire de ce projet de canne à sucre, un ensemble de lois universelles, méthodiques et motivantes.
Ce monde a vite été intégré dans cet ordre cosmologique du monde moderne. C’est le propre de l’histoire universelle, marquée par un individu absolu, l’Individu, l’Absolu, d’intégrer son autre ou son contraire dans sa propre logique. La dialectique hégélienne a trouvé déjà sa mise en application dans la pratique même de la « découverte », lorsque les Espagnols se réfèrent à leur histoire pour intégrer les terres envahies. Tentative d’appropriation ! Aussi un réflexe propre à une société définie par une structure intellectuelle où l’autre ne peut survivre qu’en perdant son altérité. L’intuition simple de Quijano a consisté à révéler cette géopolitique du savoir, des savoirs, du sentir et des croyances, c’est-à-dire à remettre en question la présupposition erronée de l’existence d’un savoir total, qui devint hégémonique et totalitaire. Quijano désigne ainsi les manières occidentales de connaître et de savoir qui, revendiquant l’universalité dans toutes les disciplines majeures, en particulier théologiques, scientifiques, philosophiques et esthétiques, mettent simultanément la main sur les plus importantes institutions de légitimation de ces revendications, nommément sur l’enseignement théologique. Ainsi, contre cette histoire globale, moderne, toute pensée vise une obéissance de discipline épistémologique. Se pose ici la question de savoir comment le non-occident, ie vous et moi puisse se retrouver dans cette vision théologique qui nous a été tracé et ensuite accepté volontairement de suivre ? comment cette idée théologique aborde la parole à un sujet ou un être antillais, haïtien qui a connu l’esclavage ? comment Dieu ou la théologie puisse nous parler ? Comment on est tous enfermé dans une pensée occidentale théologique aveugle ? On s’est pris de dans sans pouvoir s’en sortir.
L’histoire globale et universelle. Il ne s’agit pas uniquement d’une compréhension de l’histoire, mais une structure identitaire et anthropologique, et même théologique. Puisque l’enjeu est le progrès du monde, un salut, une forme de théologique, une théologie anthropologique qui insère la compréhension de l’homme dans cet ordre théologique du monde. C’est un discours élaboration de son identité depuis le grand discours théologique de l’histoire universelle. Il est une promesse d’un mieux-être, d’un salut, une forme d’Utopie. On a posé la question sur laquelle il faut revenir, comment nous, les non-occidents puissent se sentir à l’aise dans une démarche d’hégémonie du savoir. Anna Tsing, semble bien inventer un terme qui peut aider. Elle travaille sur la notion de friction. Il semble permettre d’expliquer pourquoi l’individu peut se révéler adaptable face à des situations extrêmement traumatiques. Sylva parle d’adaptions à n’importe quoi ? le système porte atteinte au noyau du psychique. Une violence déposée fait retour sur le moi et produit une brusque désorganise sur les aspects plus structurés de la personnalité et provoque des symptômes aigue de désorientation, d’étrangeté. Le mot friction est utiliser comme un bouclier pour protéger les structures. Elle fonctionne comme une défense majeure et une mécanique d’adaptation.
On insiste sur le mot friction car elle crée par la suite un lien symbiotique « presque immédiatement et inconsciemment » avec l’environnement dans lequel le sujet se trouve. L’environnement donne inconsciemment au sujet un sentiment d’appartenance et de sécurité et de familiarité. Le sujet colonial s’en défend par friction, en rétablissant un lien ou une relation symbiotique avec le milieu ambiant. C’est une forme de négation du sujet. La négation intervient parce que la réalité du monde extérieur vérifié par la perception seconde est, conditionnée par un ensemble de normes et prescriptions normatives sociales, qui viennent contrevenir au principe. Gramsci a élaboré une doctrine dans le même sens dont le concept clé est l’hégémonie, c’est-à-dire, une relation de domination qui ne se repose plus sur la propriété des moyens de production mais sur le consentement et la coercition (violence) culturelle. Ainsi l’aliénation culturelle devient le centre de l’arène de la lutte sociale. Il faut mettre accent sur les discours et les représentations. Le groupe dominé aurait ainsi intériorisé le pouvoir, qui n’est plus au dé-hors des individus et des groupes mais les habite. La domination est dans l’arène des mœurs, de l’identité individuelle et de la façon de penser. Dès lors, on devient le système, on est devenu notre propre oppresseur. La domination empêche que le sujet tisse une relation à soi, prive le sujet d’avoir un rapport à soi et avec la nature. C’est une forme d’insensibilisation et d’indifférence à l’égard des violences faites non seulement à la nature mais également au sujet.
Il nous faut un regard sur la violence fait par le système. La violence coloniale fait encore son petit bonhomme de chemin et ne se limite pas à l’exploitation économique ou à la domination politique ; elle agit profondément sur la psyché des individus colonisés. C’est dans ce contexte que Frantz Fanon montre dans son ouvrage « Peau noire, masques blancs » l’imposition des hiérarchies raciales et culturelles et le système colonial qui produit un sentiment d’infériorité chez les peuples dominés. En ce sens, cette déshumanisation intériorisée engendre une fracture identitaire durable. En effet, selon le même auteur, la violence psychique se manifeste par l’intériorisation des valeurs du colonisateur au détriment de celles du colonisé. Cette aliénation conduit à un rejet de soi et à une perte de repères culturels. Dans ce contexte, le sujet colonisé adopte des modèles étrangers pour se valoriser, ce qui accentue la crise identitaire. Comment alors reconfigurer notre foi ou notre théologie face à cette violence qui déshumanise ? La violence identitaire est aussi une violence des savoirs, elle empêche les peuples de se penser eux-mêmes à partir de leurs propres référents. La pensée décoloniale propose ainsi une rupture avec ces logiques afin de restaurer la dignité et l’identité des peuples marginalisés. La colonisation produit également une violence par l’effacement ou la déformation de l’histoire des peuples dominés. Cette absence de reconnaissance historique contribue à une perte de repères identitaires. Il faut voir dans ce cas, la colonisation comme entreprise de déstructuration anthropologique, Violence symbolique et religieuse et Construction d’identités fragmentées.
L’être dominé a toujours tendance à oublier, intégrer dans sa mémoire une forme de déni de son passé, on n’arrive pas à effectuer le travail de mémoire. La lutte menée par le sujet colonisé est une lutte de l’inconscient, dans la mesure où le sujet n’est pas capable de d’effectuer le travail sur soi. Ce passé constitue un bloque de savoir non explorer et qui continue à le travailler. L’objectif de Freud en analysant l’inconscient de l’adulte et les rapports qu’il entretient avec ses actions inconscientes est justement de permettre à ce qui reste dans l’inconscient refoulé de remonter dans la conscience afin qu’on puisse maitriser nos actions ou qu’on soit conscient de nos actes. Le sujet est libéré de façon consciente d’un travail psychique qui lui échappe et qui travaille contre lui. Pour illustrer nos propos, il suffit de reprendre les mots de Franck Etienne, le haïtien est un être zombifié, une mort ambulante, ‘’haïtien est un être vidé de son contenu, qui n’a plus de substance, de-substantialisé, vidé par le système coloniale, hanté par l’autre. Incapable d’être soi, incapable de se réconcilier avec le soi. L’unité est impossible. Pour qu’il y ait l’unité, il faut déconstruire le système, revoir la matrice. Chez nous, c’est la mort de l’humain, la mort de l’être. On fait face à la mort, la mort de l’histoire, de l’être. Face à la mort, seule celui qui a vaincu la mort peut nous aider. Le haïtien est incapable d’être soi, c’est l’impasse de la mort. Quelqu’un m’a posé cette question, est-ce que 70% des Haïtiens, ne sont pas morts. Nous sommes face à la mort de l’être. Le concept de mort doit prendre une place importante dans notre société. Ce n’est pas la mort physique, mais la mort psychique. On vit notre vie, tout en se plongeant vers l’abime de notre mort. C’est la mort de l’humain.
Qu’est-ce qu’il nous faut pour pouvoir agir sur le réel. Il ne nous reste rien. Il n’y a qu’une d’échéance de la mort car elle est devant nous. Celle-ci est certaine ! Ultime expérience d’impasse, d’abîme, de décomposition de moi, du moi. Expérience aussi car dans l’impasse et face à la mort, il y a deux moi. L’ancien et le nouveau. Disons dans cette décomposition de moi ou du moi, il y a un tri, un choix. L’autre moi, celui reste stagne qui fait l’expérience de l’abîme et l’autre qui renaît. Je suis né de l’abîme, hors de l’abîme, à travers lui, de la séparation avec l’ancien moi. Comme une graine, il y a un autre, cet autre, ce nouveau moi. Elle est lumière qui doit nous atteindre dans notre nouveau moi, une vérité. Elle l’autre moi, le nouveau moi. La nouvelle naissance d’un moi capable d’être et de Dieu. C’est notre propre être qui nous ouvre au-delà de nous-même. Elle est porteuse d’un nouveau moi, d’un nouveau monde, d’une nouvelle possibilité de vivre dans le présent et comme anticipation fragmentaire du Royaume à venir. Jacob s’engage avec la mort, Jacob s’engage à affronter son histoire. Le véritable sens de l’histoire de Jacob est qu’il livre un sens à l’histoire et moins l’homme s’accorde à l’histoire et plus il est pris avec le sens et son geste pour l’en arracher au poids de ce monde. A l’instar de Jacob qui presse son agresseur de lui dévoiler son histoire. Le combat de Jacob est tout d’abord un combat de l’histoire, de dévoilement de l’histoire. Cat il faut affronter la mort, le mal, la contre nature que nous avons vu, ce que la nature a déformé, afin de nous libérer de la fatalité, lutter contre le mal que nous n’avons pas créé et qui nous fait du mal. Lorsque le mystère de la mort nous conduit au cœur de notre histoire, au cœur de notre tragédie, ce qu’on peut nommer une fin en soi, l’apocalypse, car il est catastrophique, dévastateur, seule dans notre âme, à l’intérieure de nous, dans notre histoire que peut se révéler la libération. La-dans, il faut décrypter comment mettre le langage. C’est par cette lutte en vue d’arracher sa vie dans la tragédie de son histoire, qu’il va découvrir une expérience créatrice, une parole nouvelle qui va donner sens à sa vie. Mais il n’y a pas de lutte sans passer par l’acceptation d’affronter la tragédie de notre histoire.
Chacun est un Jacob, car on lutte avec l’ange. L’ange est le mal qui se croise en face de nous. Il est le mal personnifié, qui nous agresse. Il n’est autre qu’un adversaire féroce aveuglé. Mais il est quelqu’un qui a connu au cours de sa vie énormes souffrances physiques et psychiques qui a réussi à se reconstruire à travers une bataille. Comment alors se reconstruire. C’est toute la question qu’on doit se poser dans la lecture. Comment ouvrir la voie du possible à tous les êtres qui, traversant de féroces épreuves, c’est d’ouvrir ou tenter d’ouvrir la boite de notre tragédie de l’histoire, descendre dans la dernière profondeur et aller chercher un sens à notre vie
Résultats : théologie contextuelle ou renouvellement théologique
Cassé ses valeurs et puiser dans le terroir, c’est un moment où on peut apprendre de nous-mêmes, c’est la mise en œuvre d’un nouveau régime, régime d’action RA/ afin d’ouvrir un chemin pour trouver de la confiance en soi, pour construire une nouvelle société. Nous pouvons apprendre quelque chose de nous-même, apprendre des structures d’exploitations pour apprendre aux masses de se libérer de la struction d’exploitation, sortir de la dialectique maitre et esclaves et permet de fonder la théologie sur notre réalité et donner à la théologie une capacité d’auto-émancipation, une contre pédagogie. Faire de la théologie avec nos mots, notre réalité locale et nos besoins, adresser un changement, lire la réalité et construire un langage en vue d’apporter un changement. On ne peut pas faire de la théologie contextuelle sans rendre compte de ce qui a provoqué ces troubles, cette mort, sans parler de ce système mortifère. Il n’existe pas d’unité entre les églises, entre les frères sans se rendre compte de cette hétérogénéité. Le vivre ensemble n’est pas possible, il nous faut une intelligence collective pour s’opposer et détruire de l’intérieur cette violence symbolique. Cette intelligence collective, nous permet de dire les choses autrement, remodeler le vivre ensemble, apporter dans l’espace commun, quelque de nouveau qui favoriserait un dépassement de soi. Tout dépassement de soi implique une formation à la question : comment déconstruire à l’établissement du système, partons du fait que nos relations ont été fondamentalement intoxiquer, car nous avons été victime dans l’âme. Comment alors construire l’intelligence collective ? Il faut partir de notre trouble, de notre histoire. Laissez-nous raconter notre histoire, tout en essayant de déterrer, explorer le système qui nous a mis par terre.
Ni la réconciliation nationale ni le vivre ensemble n’est pas possible. S’il faut adresser un changement, dès lors il faut investir dans le réel, lire la réalité et construire un langage en vue d’apporter un changement. Face à la violence du système, cette hétérogénéité du savoir, qui exclut l’accès au pouvoir, pose l’interrogation : comment restituer la clef pour pouvoir se comprendre, pour que, face à ce réel, qu’on retrouve la capacité d’interpréter ce qui nous arrive. Ainsi, il faudrait peut-être réintroduire le besoin de chacun dans un contexte d’oppression et ou d’aliénation, en investissant dans une compréhension de la complexité du réel, une forme de théorisation en vue de reconstruire la possibilité de trouver des réponses ensemble, des réponses collectives. Par exemple, comment expliquer la division doctrinale qui sévit dans notre Eglise ? Il faut sortir du cercle vicieux du système mortifère qui se renforce chaque jour de l’extérieur par des mécanismes de reproduction culturelle. Il faut partir à la transgression de cette loi, c’est-à-dire, la mise à l’écart de toute reproduction du système de culturelle, qui génère par la suite une violence psychique. Transgresser cette normalité, le remettre en question, nous pouvons en commun fabriquer le vivre ensemble, interpeller le monde de la domination, apprendre à parler le langage de notre réalité et reconstruire la possibilité de trouver ensemble des réponses collectives/
ESQUISSE DES DECISIONS SYNODALES
DRAF1
Du 27 au 29 juillet 2026, la Fédération Protestante d’Haïti (FPH) a réuni le premier Synode protestant haïtien, un rendez-vous historique consacré à la réflexion, au discernement spirituel et à l’engagement collectif face aux défis de l’Église et de la nation. Les travaux des différentes commissions ont permis de dégager des orientations majeures destinées à guider le témoignage, la mission et le renouvellement du protestantisme haïtien. Les décisions synodales suivantes :
| N° | DÉCISIONS SYNODALES | DOMAINE D’APPLICATION |
| 1 | Créer et renforcer des institutions protestantes au service de la société dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’action sociale et du développement communautaire. | Église et Société |
| 2 | Faire de la formation des citoyens et des fidèles une priorité, fondée sur les valeurs bibliques, le civisme, la responsabilité sociale, la production et l’épargne. | |
| 3 | Consolider la famille et promouvoir la solidarité chrétienne en soutenant les familles vulnérables et la culture du partage. | |
| 4 | Réaffirmer la mission prophétique de l’Église en faveur de la justice, de la vérité, de l’éthique et de la bonne gouvernance. | |
| 5 | Promouvoir la paix, le pardon, la réconciliation et l’unité nationale. | |
| 6 | Affirmer la neutralité politique de l’Église au service du bien commun, de la justice et de la transparence. | |
| 7 | Former des leaders chrétiens compétents, intègres et engagés dans la transformation des institutions publiques. | Église et Politique |
| 8 | Promouvoir une transformation intégrale de la société sur les plans spirituel, moral, institutionnel et social. | |
| 9 | Développer une culture d’éthique, de responsabilité et de bonne gouvernance dans les Églises. | |
| 10 | Réaffirmer la mission prophétique de l’Église sans identification partisane ou idéologique. | |
| 11 | Faire de la formation entrepreneuriale une priorité des Églises et des institutions protestantes. | Eglise / Entrepreneuriat et Économie |
| 12 | Promouvoir un entrepreneuriat fondé sur la vision, l’innovation, la discipline et la bonne gestion. | |
| 13 | Mettre en place un réseau national protestant de mentorat et de partenariat économique. | |
| 14 | Encourager une gestion biblique et responsable des richesses au service de Dieu et du prochain. | |
| 15 | Contribuer activement à la reconstruction économique d’Haïti et à l’autonomisation des communautés. | |
| 16 | Réaffirmer l’engagement en faveur d’une théologie contextualisée au service de la décolonisation des mentalités. | Théologie contextuel |
| 17 | Reconnaître la responsabilité prophétique de l’Église dans la dénonciation des systèmes d’oppression et de corruption. | |
| 18 | Former des leaders capables de contribuer à la transformation sociale et au développement communautaire. | |
| 19 | Promouvoir une prédication porteuse d’espérance et de relèvement national. | |
| 20 | Mettre en œuvre des programmes permanents d’éducation citoyenne et de valorisation du patrimoine national. | |
| 21 | Réaffirmer la vocation prophétique de l’Église face à l’injustice, à la corruption et à la violence. | Conscience nationale |
| 22 | Adopter une Charte nationale d’éthique, de transparence et de redevabilité. | |
| 23 | Mettre en œuvre un programme permanent d’éveil citoyen. | |
| 24 | Promouvoir une Église enracinée dans les réalités haïtiennes et engagée pour le développement intégral. | |
| 25 | Appeler les Églises à un engagement de repentance, de renouveau et de transformation nationale. | |
| 26 | Contribuer à la reconstruction nationale en promouvant une identité chrétienne et haïtienne forte. | Reconstruction nationale |
| 27 | Renforcer l’enseignement biblique dans les Églises. | |
| 28 | Promouvoir l’intégrité, la paix, l’amour et la responsabilité comme fondements du témoignage chrétien. | |
| 29 | Soutenir le développement national par la valorisation de la production locale et du travail. | |
| 30 | Réformer le leadership protestant et renforcer la participation des femmes compétentes aux instances dirigeantes. | |
| 31 | Promouvoir une théologie décoloniale enracinée dans les réalités haïtiennes. | Théologie décoloniale |
| 32 | Réformer les programmes de formation théologique. | |
| 33 | Encourager une théologie prophétique contre toute forme d’oppression et de déshumanisation. | |
| 34 | Créer un Conseil des institutions d’enseignement théologique. | |
| 35 | Élaborer un curriculum national de théologie décoloniale. | |
| 36 | Réaffirmer l’unité du Corps du Christ dans le respect de la diversité ecclésiale. | Unité de l’Église |
| 37 | Développer une théologie contextuelle fidèle aux Écritures et adaptée au contexte haïtien. | |
| 38 | Instituer des mécanismes permanents de dialogue et de coopération interconfessionnelle. | |
| 39 | Promouvoir des initiatives communes de prière, de formation, d’évangélisation et d’action sociale. | |
| 40 | Former les responsables au leadership serviteur, à la gestion des conflits et à la culture de la paix. |
Fait au Cap-Haïtien, le 29 Juillet 202
SIGNATAIRES ET FONCTIONS
- Wallière Pierre, membre de la Commission de théologie
- Léonard Edouard, membre et responsable dans le Nord
- Wisly Chéry, membre de la commission de théologie
- Mme Monica Petit-homme, membre de la commission de théologie
- Mathieu Jean Louis Joseph, secrétaire adjoint de la commission de théologie
- Dr Esaie Grandvil, secrétaire de la commission de théologie
- Dr Jonathan Joseph, encadreur et Vice-président de la FPH
- Manassé Pierre Louis, coordonnateur de la commission de théologie
- Pasteur Calixte Fleuridor, Président de la Fédération Protestante d’Haiti.