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UDR – Université de la Deuxième République

REFORME PROTESTANTE 2026 : Une Réforme pour se renaître et du sacrifice pour vivre la Réforme

 

J’étais ainsi hors de moi, le cœur en rage et bouleversé, et pourtant, intraitable, je bousculai Paul à cet endroit, désirant ardemment savoir ce que Paul voulait. Jusqu’à ce qu’enfin, Dieu ayant pitié, et alors que je méditais jour et nuit, je remarquais l’enchaînement des mots, à savoir: « la justice de Dieu est révélée en lui, comme il est écrit: « le juste vit de la foi » alors je commençais à comprendre que la justice de Dieu est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir de la foi, et que la signification était celle-ci : par l’Évangile, est révélée la justice de Dieu, à savoir la justice passive, par laquelle le Dieu miséricordieux nous justifie par la foi, selon ce qui est écrit : le juste vit par la foi. « Alors je me sentis un homme né de nouveau et entré, les portes grandes ouvertes, dans le paradis même ».

C’est dans un cri de révolte vers son Dieu, que le moine Martin Luther a pu trouver l’ouverture qu’il cherchait pour sortir de l’impasse d’une théologie du péché et de la rétribution. Dans son illumination, Martin Luther découvre que c’est dans la vie du Christ même, cet homme adopté par Dieu par pur amour, que se dévoile la justice de Dieu. La vie de Jésus donnée jusqu’au bout à l’accomplissement de sa foi en Dieu était donc la clé pour comprendre ce qui pouvait sauver l’homme du péché et de la culpabilité. Impossible d’être conforme à la volonté de Dieu par ses propres forces, il fallait donc se laisser faire, croire, et Dieu ferait le reste comme il l’avait fait en Jésus. Bien sûr, d’autres avant Luther avaient déjà questionné ces théories sur le péché et la grâce, et parfois même ils y avaient laissé leur vie.

La réforme protestante symbole de renouveau spirituel au temps de Martin Luther, où l’église vibrait sur une foi authentique,

Pour comprendre la Réforme protestante, il faut d’abord regarder l’Europe vers 1500. La chrétienté est unifiée en apparence, mais les attentes religieuses évoluent. Les fidèles réclament des prêtres mieux formés, des évêques présents et une vie chrétienne plus authentique. Parallèlement, les États renforcent leur pouvoir et veulent contrôler leurs Églises. Ce contexte prépare la rupture, surtout quand se diffusent de nouvelles idées grâce à l’imprimerie.

Le désordre actuel en Haïti symbolise le vide dans lequel nous évoluons, il est nécessaire de renaître et d’effectuer un sacrifice pour se détacher des possessions matérielles afin de renaitre et de voir le jour. La réforme représente une période de dépouillement matériel et de confrontation avec soi-même, marquée par un renouvellement, une consécration, une dépouille. C’est un moment de renaissance, un moment pour renaître.

Partie 1 : Une réforme avec des hommes et des femmes fragiles

« J’étais ainsi hors de moi, le cœur en rage et bouleversé, et pourtant, intraitable, je bousculai Paul à cet endroit, désirant ardemment savoir ce que Paul voulait. Jusqu’à ce qu’enfin, Dieu ayant pitié, et alors que je méditais jour et nuit, je remarquais l’enchaînement des mots, à savoir : « la justice de Dieu est révélée en lui, comme il est écrit : « le juste vit de la foi »

Nous sommes au plein cœur de la souffrance de l’homme, de la misère, d’une hécatombe, d’une catastrophe humaine. Nous sommes au bord d’une disparition humaine et beaucoup de chrétiens sont bouleversés dans leur foi, dans la manière de comprendre Dieu et la situation que traverse notre pays. Nous désirons ardemment savoir pourquoi Dieu nous laisse subir tous ces mots. C’est la nuit totale pour notre Eglise. On n’y voit plus loin que notre bout de notre nez, les choses sont sur le point de bousculer. Beaucoup de chrétiens assistent aux abus, à la gangstérisassions de la société, absentéisme de nos pasteurs, la division de notre Eglise. Ainsi, dans ce climat, une Réforme protestante apparaîtra comme une réponse radicale à un malaise partagé.

Comme Luther, nous pouvons avoir l’opportunité de recevoir une révélation divine pour notre époque et notre peuple. En 1517, Luther remet en question les indulgences et l’autorité de l’Église, alors que Calvin établit une nouvelle pratique religieuse à Genève. Bien que la chrétienté semble unifiée, les attentes religieuses sont en constante évolution. Les membres de l’église demandent des prêtres mieux qualifiés, des évêques plus impliqués et une vie chrétienne plus authentique. Dans le même temps, les gouvernements cherchent à consolider leur autorité et aspirent à maîtriser leurs Églises. Ce cadre favorise la rupture, particulièrement lorsque de nouvelles idées commencent à circuler grâce.

À ce moment-là, il était temps que l’église se réveille enfin. Il était temps d’incarner l’évangile avec une foi ardente et sincère. On se pose actuellement la question de savoir s’il est vraiment indispensable d’avoir un réveil en Haïti, dans notre Eglise. Dans cette prédication, nous parlons de la nécessité de renouveau, c’est-à-dire d’une renaissance pour cette Eglise qui est en état de mort. Il ne reste plus de vie, seulement les murs demeurent, les gangs  « viv ansanm » règnent en maîtres, la communauté internationale impose ses directives, on s’interroge sur la présence de notre Dieu. Où se trouve-t-il ? Des questions surgissent à l’horizon, émergeant de la mission de l’Église.

Qu’en est-il par rapport à la vocation de notre Eglise, qui est de rassembler dans la société les enfants de Dieu dans une unité parfaite, semblable à cette de l’Eglise universelle, se préparant à rencontrer son époux ? ce n’est pas là une question par d’autre, et qui par son énormité même, serait la relation fondamentale du chrétien avec son Dieu.  Quel témoignage les hommes qui ne connaissent pas Dieu peuvent-ils dire de Jésus ? comment se fait que l’Eglise puisse être aussi accusée de mépris des valeurs ? Nos jeunes se posent ainsi la question, faut-il continuer parler de Dieu ? Il serait trop simple de répondre que le degré d’incertitude et l’importance des menaces nouvelles requièrent des réponses urgentes et constructives. Une Réforme pour se renaître. Ce n’est plus le moment de répéter le passé, mais le temps d’effectuer notre propre Réforme à nous l’Eglise Haïtienne afin de vivre de notre foi. Une renaissance c’est accepter que le plafond de nos églises s’envolent, que le plancher s’effondre. Une renaissance coûteuse devrait nous coûter très cher, elle devrait nous coûter notre prière, ainsi que notre vie.

« La réforme, c’était d’un genre de renaissance spirituelle, politique et économique, la réforme c’était la montée d’une génération d’homme et de femme qu’on s’appelle Illustre, des hommes de valeurs qui acceptent de placer Dieu dans un niveau élevé de gloire. La marche exemplaire qu’il faut garder en mémoire et qu’il faut célébrer ces actions, des hommes illustres en piété, dont les recueils, les livres, les monuments, les prêches, des études ne cessent d’étudier. Chez Luther, lui, fait preuve de clarté et inspiré par Dieu, c’est lui qui par ces mots ont ouvert la vanne de la révélation divine et là où la lumière divine allait éclairer le monde et tout le plan de Satan s’écroule devant sa fougue et sa force, un Théodore de Bèze, la grandeur du courage. Pour Johannes Agricola, c’est « par la grâce et avec l’aide de Dieu » que Philippe Melanchthon put seconder le travail de Luther, ou que Georg Major fut « doté de merveilleux dons » aptes à restaurer la vérité des Évangiles. Dépossédés de leurs mérites propres, les hommes illustres du protestantisme sont ainsi présentés comme des « instruments de Dieu », ou encore des « agents en la main de Dieu tout puissant et tout bon » qui exécutent les actes de leur vie conformément à une vocation préétablie de toute éternité. Les portraits de Luther ou d’autres réformateurs devaient ainsi valoir comme images de mémoire et de réconfort, puisqu’il s’agissait en dernier lieu de se souvenir, à travers l’exemple de ces hommes qui restaurèrent la foi en Christ, du sacrifice rédempteur accompli par ce dernier sur la croix pour le salut des hommes ».

Il nous faut une nouvelle révélation pour vivre notre foi. Des hommes et des femmes de Dieu doivent se lever en vue de proclamer cette révélation nouvelle. Il faut le courage de Luther et la perspicacité des autres réformateurs pour rebâtir, reconstruire notre Eglise. Comme le dit l’adage, on ne peut bâtir un monde sans briser les œufs. Il n’y a pas de Réforme possible si nous ne parvenons pas à exposer notre Église, à révéler notre vulnérabilité et notre fragilité, c’est en cela que nous donnons place à Dieu. Il s’agit d’accepter cette nouvelle révélation donnée par Dieu. Les mots sont durs, cependant aborder la question de la Réforme, c’est envisager une rupture. Il peut être ardu de prononcer les mots, mais évoquer la Réforme implique l’acceptation d’une nouvelle voie. Oui, une nouveauté car « On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. » Dans notre situation, il est nécessaire d’étudier ces cassures, c’est une façon pour nous d’évoquer la Réforme sans revivre le passé. Parce que nous avons une manière un peu étrange de parler de Réforme tout en négligeant notre propre contexte. Voilà comment nous devons parler de Réforme pour cette année 202-. C’est en abordant les ruptures qui doivent être effectuées dans notre Eglise. Lire le manifeste de 75 modeS de ruptures, via notre chaine Youtube : penser la théologie.

« Rupture 3 : l’Eglise doit revoir ses cultes et aussi sa liturgie. Elle doit mettre au centre la parole de la foi et aussi l’intelligence de la foi (la raison) ».

« Rupture 9 : Une doctrine qui n’est pas pensée et avalisée par nos théologiens haïtiens, mais écrite par nos missionnaires étrangers et qui fait force de loi dans notre pays, marque une certaine immaturité de notre Eglise, de nos séminaires de théologie, et de nos théologiens eux-mêmes ».

« Rupture 21 : Notre enseignement théologique reste strictement un enseignement étranger fortement influencé par des doctrines théologiques étrangères et qui n’ont aucune valeur politique sociale et économique ».

Rupture 28 : La descente en enfer de ce pays conduira certainement à la perte de notre souveraineté et à une occupation totale et complète. Dès lors nous verrons détruire sous nos yeux nos églises, nos temples, notre argent partira comme de la fumée, d’où l’intérêt de l’Eglise de travailler à la construction d’une société.

Rupture 32 : C’est au nom de l’Evangile que nous construisons notre propre enfer, car notre Eglise n’ose pas s’exprimer contre le mal. Dans ce cas, il n’y a pas de différence entre le ciel dont nous parlons, le désespoir, le quasi-désespoir et l’insécurité.

Rupture 40 : Dites à votre pasteur que le temps ne saurait convenir à la construction de grandes églises, le temps est à la rupture dans la mesure où le constat est tel : Dieu se tait.

Partie 2 : Le sacrifice pour vivre la réforme

« C’est le pape de l’époque qui convoque un concile à Trente, une ville près de Venise. Le but d’une telle rencontre est de discuter des changements possiblement applicables dans la religion catholique afin de s’améliorer et de ne pas disparaître au profit du protestantisme ».

La Réforme de Luther a été une période de transformation sociétale, c’est-à-dire, marquée par des motivation politique, économique et politique. Derrière ces motivations, il y a le sacrifice afin de vivre la réformation. C’est-à-dire, il ne suffit pas de parler de réforme, il faut vivre la réforme, si non, ce n’est plus la peine de répéter le passé. Alors, qu’est-ce qu’un sacrifice ? Christ, l’innocence qui se sacrifie pour le bien de l’humanité. Pourquoi Jésus a-t-il choisi de se sacrifier pour l’humanité ? Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas tant la définition du terme, mais plutôt le rôle du sacrifice dans notre relation avec Dieu. On va prendre le temps de réfléchir à cela. Si l’homme n’était pas en mesure d’accomplir la volonté divine, que pourrait-il se passer suite au sacrifice ? L’homme démontre une incapacité à atteindre ce qu’il n’était pas en mesure de réaliser, mais est désormais capable d’obtenir les choses qu’il désire. Sur quoi sommes-nous dans l’incapacité d’agir ? Qu’est-ce que nous avons tenté et échoué à maintes reprises.

Lorsque Dieu a besoin de nous élever à lui, il nous met à l’épreuve. Pour mettre en place son alliance, c’est une mise en l’épreuve par le sacrifice. Dans l’acte même de la mise à l’épreuve, il y a une grâce plus grande que celle que nous attendons. La mise à l’épreuve fait du sacrifié un don à Dieu, don de soi et la mise à l’épreuve donne la possibilité que ce sacrifié, de don puisse s’élever à l’image absolu de l’être du très haut de Dieu. C’est pourquoi tout sacrifice est un effort de dépassement, de renoncement de quelque chose qui nous est précieux, vital même, qui est naturel à l’homme, qui nous appartient fait partie de la nature. C’est une mise à l’épreuve de la nature, une nature incapable de s’élever, qui n’est pas à la hauteur du bien. Elle est un dépassement de soi qui exprime un détachement, un prix à payer où les choses naturelles, matériels doivent être abandonnées au profit de quelque chose le plus élevés, un prix à payer qui n’a pas de prix. C’est une façon de nous spiritualiser nous-même, de nous donner à nouveau à Dieu afin d’un renouvellement de soi, d’un renouveau d’être et de soi. Nous devenons un objet sacrifié, un objet sacré.

Nous aspirons à habiter un pays exempt de troubles, où toute forme d’orgueil, de renoncement personnel et de soif de reconnaissance serait éradiquée. Un lieu empreint de béatitude, d’une félicité profonde, où le lait et le miel coulent à flots. Ce pays magnifique, pour y accéder, exige de ceux qui le désirent qu’ils soient prêts à renoncer à la matérialité, c’est-à-dire à se donner entièrement à autrui. Si nous aspirons à accéder à cette nouvelle Haïti tant souhaitée, un havre de paix, un Oasis, un village harmonieux. Il existe une méthode pour y accéder. Il faudrait regarder cette nouvelle Haïti avec des yeux d’enfant, la voir réellement, sans détour ni dissimulation, avec une âme innocente, en se déchargeant de toutes les attitudes superficielles et des façades qui nous entravent.

Ce moment de réforme nous appelle à un sacrifice de soi, de s’affranchir du naturel, de la peur, de l’angoisse, de la colère autant de sentiment qui nous ferment les portes d’une rencontre à Dieu, à l’absolu, à l’universel. Il est nécessaire, dans la réforme de nos églises, de triompher de l’orgueil, de l’avarice, de l’envie et de la colère. Les manifestations des vertus telles que l’amour, la foi, l’espérance, la justice, la force et la tempérance sont également requises. En élaborant ce sermon, j’ai réalisé à quel point il est nécessaire de comprendre cette nouvelle Haïti tant espérée. Je pense que ce sera un petit groupe qui va s’emparer, je ne peux pas, je n’ai pas la force nécessaire. Je me sens profondément lié à la nature, mon désir, c’est que je ne veux pas perdre une part de moi-même. J’ai un fort attachement à la vie, à ce qui m’appartient, à mes possessions. Pour pénétrer ce nouveau royaume, ce nouvel univers, cette nouvelle nation, cette nouvelle Haïti, il est nécessaire de se défaire entièrement de tout. Il existe des principes spirituels associés à la béatitude de vie dont nous rêvons tous et toutes, des convictions.

Le sacrifice montre l’incapacité de l’humain à accéder à ce qu’il désire. Luther n’était pas le plus intelligent des réformateurs, du moins le plus capable, il y en a qui était plus capable que Luther. Il était sans doute l’homme disponible près à se sacrifier pour le service de Dieu. Il a sacrifié pour ce service. C’est uniquement de cette façon que le sacrifice va constituer un tournant déterminant dans l’histoire de notre peuple. Le sacrifice implique un renoncement, une renonciation à un être ou à une chose précieuse, à soi-même ou à son individualité, en vue de quelque chose qui nous transcende, qui est plus grand et plus noble. Cette dimension qui nous transcende, la plus haute à l’objet ou à l’entité donnée, confère au réel une essence sacrificielle et spirituelle. Nous avons besoin de parler de Réforme dans le contexte à nous, mais avec un Luther haïtien, courageux, près à se sacrifier pour que la gloire de Dieu puisse briller dans le pays. Il faut arrêter de croire que ce sont les démons qui nous bloquent, où le vodou, où le Satan. Nous ne sommes pas en train de dire qu’ils n’existent pas, le vodou et le Satan, mais il faut apprendre à nous responsabiliser et dire aux pasteurs que :

Rupture 59 : Dites aux pasteurs que dans leurs campagnes d’évangélisation, ils feraient mieux de programmer des campagnes de reboisement que de chasser les esprits mauvais car après les avoir chassés, il semblerait qu’ils prendront le même autobus que vous et qu’ils s’installeront dans la capitale.

Rupture 60 : Dites aux pasteurs que nos vrais démons, c’est le manque d’éducation de qualité, c’est la faiblesse de l’Etat de mettre à notre disposition des hôpitaux ainsi qu’une assurance maladie afin de nous permettre de vivre dignement.

Rupture 61 : Nos vrais démons, c’est l’enseignement reçu des séminaires de théologie qui ne nous enseignent rien du tout sur notre société, sur notre passé colonial et continuent à promouvoir la méthode de nos missionnaires étrangers.

Rupture 62 : Nos vrais démons, c’est la médiocrité, la passivité et la facilité avec laquelle les choses sont faites.

Rupture 63 : Nos vrais démons, c’est l’incapacité, par manque de formation universitaire solide, de travailler ensemble, d’assumer notre histoire et notre passé pour les renouveler.

Nous désirons tous et toutes une Eglise unie et en marche, réformée. Notre Église doit se rétablir de cette épreuve pour vivre l’Évangile comme le Christ a lutté contre la mort sur la Croix. Où sont nos sacrifiés, l’autel de Dieu nous attend pour les accueillir. Amèn.

 

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