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UDR – Université de la Deuxième République

SYNODE 2026 : Prédication sur la réconciliation : Mars 2025 La Commission Théologique de la Fédération Protestante d’Haïti Les jours sombres nous conduisent vers la voie de la réconciliation

Prédication sur la réconciliation : Mars 2026

Les Bibles, à la fois juives et chrétiennes, sont un témoignage écrit qui relate des siècles de survie, de souffrance et de résilience partagée. Les mythes des nations, axés sur le thème du triomphe, sont morts avec elles, tandis que la Bible parle de la survie à une catastrophe totale […]. Les écritures du judaïsme et du christianisme dépeignent un Dieu qui est toujours présent, même lorsque la vie est brisée. C’est par ces mots que débutent notre sermon pour le mois de mars. La Commission théologique de la FPH’ expose ses types de prédictions sous forme de séries. En essayant de démontrer que la Bible, tout en détaillant le profil des Écritures, est un récit long qui, dans l’ensemble, aborde les crises répétées vécues par le peuple Israël.

Chaque crise d’Israël, qu’elle soit sociologique, économique ou fondamentalement théologique, guide toujours le peuple de Dieu vers un chemin de délivrance et de libération. On pourrait dire que la Bible exprime de temps en temps une « théologie de crise ». Nous comprenons que notre crise actuelle est multiforme, c’est-à-dire, elle est à la fois économique, politique, sociologique, éducative et théologique. J’ai bien pris le soin d’écouter certains détracteurs sur la situation théologique de cette crise. Je veux évoquer certains discours qui s’opposent au christianisme et qui portent directement atteinte à la foi de notre Église. En expliquant que c’est l’Église qui est responsable de cette crise, ou que c’est l’Église qui est responsable car notre Église prône un Dieu blanc.

Les trois grandes religions haïtiennes, à savoir le catholicisme, le protestantisme et le vodou, font face à une tension croissante. C’est un passage difficile dans notre histoire.

Pour le peuple d’Israël, le tournant a été l’exil à Babylone, l’évènement le plus dramatique vécu par Israël, un traumatisme qui l’a amené à craindre que tout soit fini, que Dieu l’ait abandonné, qu’il n’y ait pas d’avenir. Parce que la crise que le Peuple traverse s’enracine dans la perte du Temple, centre de la rencontre culturelle entre Israël et son Dieu. Le Temple, c’est la maison de David, symbole de la présence du Seigneur, signe de la promesse de bénédiction divine qui durait depuis des siècles, désormais entre les mains du pouvoir Babylone, dans la terre dévastée et abandonnée, dans une capitale saccagée.

Alors que nous sommes en train de préparer ce sermon, la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, est en proie aux flammes et aux cendres. La nouvelle est choquante : un bébé de quelques mois a été tué par les gangs armés après avoir été jeté dans le feu. Ce sont les morts qui longent les routes et les trottoirs de la capitale. Nos frères et sœurs, nos compatriotes sont laissés à eux-mêmes. Que lamentable ! Aucun mot ne peut décrire ce qui se passe à Port-au-Prince : nos églises sont détruites, nos jeunes sans espoir, nos enfants sans perspective. Ce qui nous retenait jusqu’à présent, nos symboles (églises, écoles, maisons), signes de bénédiction, est en train d’être saccagé.

Dans ce sermon, nous cherchons une dimension prophétique comme le peuple d’Israël. Nous ne recherchons pas qui est le coupable, ni qui sont les coupables de la situation actuelle. Au contraire, l’expérience que nous sommes en train de vivre, au lieu d’être jugée, doit devenir un point de départ, de sorte que, ce qui se produit ici, ne sera pas vu comme un naufrage, mais comme une croissance vers le chemin de la réconciliation. Nous allons voir, le mot réconciliation sur trois angles :

  • Tout d’abord, une réconciliation qui nous conduit à reconnaître notre véritable identité en tant que peuple de Dieu. Cette situation doit nous amener à réexaminer la réalité actuelle et à prendre conscience de notre véritable identité.
  • En deuxième position, si nos routes sont jonchées de cadavres, ces jours sombres doivent nous ramener sur la voie pour réconcilier avec notre passé, notre histoire et notre mémoire.
  • Et en troisième lieu, c’est au cœur même de cet échec, qu’il faut annoncer une nouvelle alliance avec Dieu. Ce sera le début d’une nouvelle communauté d’hommes et de femmes qui pourra se développer ici. Ce sera la nouvelle Haïti.
  1. Une réconciliation qui nous emmène sur le chemin d’une vraie identité de peuple de Dieu.

Les prophètes, en particulier Ezéchiel et Jérémie, prennent la parole pour éclairer ce qui s’est passé en reprenant et en déchiffrant l’appel contenu dans les événements. Les causes sont multiples, tant au niveau collectif qu’individuel. La classe dirigeante a cédé à l’envie de défendre ses propres intérêts, ce qui a favorisé l’injustice sociale et l’idolâtrie (Jr. 7.1-15 ; 26.1-10 ; Ez 17.19-21).

La crise causée par l’exil a été l’opportunité pour Israël de commencer à forger son identité. Elle donne également la possibilité d’organiser le patrimoine de traditions, de récits et de lois, à travers lesquels il donne un sens à son histoire, à son être de peuple, à sa relation avec le Seigneur. Il ne s’agit pas de raconter le passé pour l’exhumer, mais pour en faire une mémoire dont on peut tirer des enseignements. L’écriture est devenue un moyen d’imaginer le passé, pour vivre le présent et un présent ouvert sur l’avenir. L’histoire du peuple Israël, la sortie de l’Égypte, la marche dans le désert devient un scénario. Elles deviennent toutes des épreuves qu’il faut se souvenir. Se souvenir non pas pour se rappeler d’anciennes souffrances mais pour se rappeler de ce que chaque épreuve permet : « connaître, savoir ce que l’on a dans le cœur, ce que l’on est et ce que l’on est appelé à être (Det 8.2) ».

En effet, l’épreuve dans laquelle l’Église haïtienne se trouve n’est pas là justement pour nous éloigner de Dieu. Elle permet de comprendre où on est avec Dieu. Il ne s’agit pas ici de vérifier si le peuple est capable de résister à cette épreuve, mais de provoquer l’apprentissage. Malheureusement, notre Église a une attente : soit que Dieu vienne tuer nos gangs, soit peut-être que l’État vienne mettre fin à ce chaos et que notre Église revienne à fonctionner comme avant. Mauvaise nouvelle ! En bien non. Les choses ne vont pas se dérouler de cette façon. L’Église est tenue de se préparer à la nouveauté. Les choses ne seront jamais et ne resteront jamais comme elles étaient auparavant.

Toutes les épreuves dans le dessert ont pour but d’enseigner au peuple comment agir. Qu’est-ce qu’il faut faire en temps d’épreuve. Dans cette situation, le peuple de Dieu doit faire preuve d’ouverture, de dépassement et d’apprentissage dans ce conflit intérieur. Chaque jour qui passe, chaque décision prise, chaque épisode doit offrir une opportunité au peuple. Qu’est-ce qu’il est nécessaire de faire, qu’est-ce que nous devons éviter, qu’est-ce que nous devons exécuter et que nous n’avons pas pu le faire avant. Ce désert est donc interprété comme un temps et un espace à parcourir et à revisiter. C’est une étape transitoire et non permanente qui nous apprend à comprendre ce que signifie être libre, vivre une relation personnelle avec Dieu.

Il y a trois choses qui doivent nous interpeller en ce moment et qui doivent nous interpeller pour passer cette étape. C’est une relecture de la réalité.

1./ Pour Israël, le sanctuaire de Jérusalem était le lieu choisi par le Seigneur pour y habiter (Det 16.2), c’est le signe permanent de sa présence salvatrice au milieu du peuple : or l’absence du temple ou sa destruction ne veut pas dire l’absence de Dieu. Dans le récit fondateur de l’Exode, Dieu habite au milieu de son peuple, il s’y installe en remplissant l’espace d’une tente (Ex 35-40), parce qu’il choisit de marcher avec un peuple nomade, exposé à la fragilité et au danger de la traversée du désert. Il est le sanctuaire qui n’a pas besoin de la terre et on le rencontre là où vivent les frères et sœurs. Ainsi, dans notre cas, Dieu n’a pas besoin de notre temple pour nous habiter, de notre temple pour venir habiter parmi nous, il vit là où nous nous trouvons, sous les tentes, dans les rues, dans des camps. Ce même Dieu qui sanctifie le temple peut également sanctifier les lieux où nous vivons. Faisons de ces lieux où nous vivons des temples pour Dieu.

2./ Se repenser, c’est repenser la figure du peuple. L’exil a été le moment où l’absence de structure et d’institution a suscité l’idée de ce que le peuple est en tant que peuple. Notre reconnaissance en tant que peuple de Dieu ne se fait pas à travers nos sanctuaires, nos temples, mais par la fidélité du Seigneur envers son peuple et la conscience de notre appartenance à Dieu. Dieu ne se limite pas à un endroit. On ne peut même pas limiter Dieu dans une Bible. La parole divine ne se limite pas à un seul livre ; elle va au-delà d’un seul livre. La parole divine va au-delà d’un seul temple. Partout où nous nous trouvons, notre Dieu fait de nous son sanctuaire. Il suffit de réfléchir aux limites que nous enfermons de plus en plus souvent dans nos représentations de Dieu.

3./ Quelles sont les capacités que l’on met en œuvre pour comprendre la portée de nos événements ? En repensant la chose, c’est-à-dire, la signification des symboles.  En dépassant les livres et en mettant l’accent sur les promesses divines, on développe une nouvelle amitié de relation avec Dieu. Une nouvelle proximité voit le jour où la promesse faite par Dieu à son peuple demeure et reste éternelle. Peu importe la situation dans laquelle nous nous trouvons, cette promesse de Dieu se matérialise et suscite de l’espoir. Car l’avenir est un mystère qui se révèle, une promesse qui se donne librement. L’avenir est une promesse que l’on accueille et que l’on espère, et qui ne dépend pas de ce qui est planifié à l’avance. La parole de promesse nous offre des opportunités. Elle se matérialise dans des formes inattendues. C’est quand notre vie est menacée, quand les fondements sont renversés. Dieu se manifeste dans l’histoire où la petitesse, la faiblesse, la misère, la pauvreté sont présentes, et seule la relation avec lui est importante.

L’Eglise doit vivre cette crise comme un baptême. Il faut prendre en compte toute la nouveauté radicale du baptême, toute la dimension du sacrement. Le Baptême c’est une parole qui coupe le cordon ombilical qui reliait l’individu au fantasme archaïque de la toute-puissance, une parole qui lui donne la liberté de vivre son destin d’homme qui s’inscrit dans la dimension de notre Dieu, le vrai. Le baptême c’est une parole qui nous fait naître à nous même tout en nous donnant un statut de créateur. Le baptême est à la fois, comme le dit le rituel : mort et naissance, mélange de violence et d’amour. C’est un acte chirurgical qui, au niveau symbolique, sauve de la mort ou de la répétions car l’individu est lui-même la vie. Notre Eglise traverse un baptême de feu. Dieu nous a sauvé de la mort à travers le Baptême. Il nous a permis de traverser des épreuves difficiles dans le passé. Il nous a permis d’être à côté des grands et des grands de son peuple. Aujourd’hui, c’est notre temps de sauver l’image de Dieu. C’est à nous de sauver Dieu. Le chemin qui s’ouvre à nous est celui de la réconciliation avec le passé, le mémoire et l’histoire.

  1. Une réconciliation qui nous emmène sur le chemin de notre passé, de notre mémoire ou de notre histoire.

Les moments difficiles nous conduisent vers le chemin du sens, de la réconciliation, un chemin de mémoire et d’histoire. Dans cette situation, la crise que nous traversons est perçue comme une atteinte à la santé d’un certain système. En d’autres termes, un ensemble de parties harmonisées pour garantir la vie et le développement de notre monde. Nous pouvons dire qu’il y a un ensemble de choses qui constitue notre cosmos, notre univers de peuples et d’une nation. Cela signifie que la crise ne perturbe pas une partie de notre vie ou toute notre société. Elle affecte notre mode de pensée, le langage et même la vision du monde. Une question importante qu’il faut se poser : comment ces mauvais jours peuvent-ils nous amener à revoir ce système de pensée, à revoir le fondement même de notre société ?

La réponse ici est qu’il faut réconcilier à notre passé de peuple, c’est-à-dire notre histoire. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de ce qui constitue le fondement de notre société, la crise est de plus en plus perçue comme profonde et omniprésente. Il est important ici de comprendre que la solution à une crise est de trouver les moyens de restaurer le système, c’est-à-dire de le ramener à son état idéal. En quoi pouvons-nous nous appuyer ? Qu’est-ce qui peut constituer pour nous un point d’appui ? Car s’il faut donner sens à notre monde, il faut partir de notre histoire, notre passé.

Notre Église a longtemps oublié son histoire. C’est comme si nous avions une autre histoire, c’est l’histoire de Jésus. Nous le chantons : « C’est mon cantique, c’est mon histoire. Alléluia, je chante sa gloire. » Sans oublier que nous avons une autre histoire, c’est cette histoire qui nous a conçus et qui nous a donné naissance. Nous ne devons pas prioriser l’une par rapport à l’autre. Elles ont toute une importance de taille, pouvant nous mettre sur le chemin de notre destinée. Trop longtemps l’Église vit comme si elle était coupée de ce monde. S’observer dans de jeunes moments de prière et perdu dans nos 40 jours et nuits de prière, nous nous oublions nous-mêmes. Nous sommes coupés de la terre, du monde et du reste du monde. Et nous sommes devant un fait accompli : le monde où nous habitons, et que nous avons si souvent négligé, nous demande des comptes. Il nous critique en prétendant que nous sommes responsables de cette catastrophe, en préconisant un Dieu Blanc. Depuis des décennies, nous nous construisons des temples, des maisons. Nous n’avons pas pris le temps de nous construire nous-mêmes et notre société.

Jung, un grand psychanalyste, a essayé de réconcilier le passé et l’avenir, la première moitié de la vie et la deuxième, la croissance et le déclin. Jung a constaté que la première moitié de sa vie était dans l’avoir, mais pas dans l’être. Et Éric Fromm a repris sa pensée pour montrer que « La valeur d’un homme ne réside pas dans ce qu’il a ou dans ce qu’il fait, mais dans ce qu’il est ». D’après cette pensée de Jung, notre Église investit du temps dans l’avoir, la construction, pour embellir les temples, mais nous sommes loin d’une Église qui saisit bien ce qu’elle est réellement. J’ai été intrigué par le titre de cet article que j’ai lu dans un journal étranger.  il est ainsi titré :  « le protestantisme haïtien, un géant qui s’ignore ». Nous nous contentons de dire que nous sommes nombreux dans le pays. Le nombre en dit long. Nous sommes faibles tellement que nous sommes fracturés, divisés. Si vous avez besoin de plus d’informations sur ce point, vous pouvez consulter le sermon du mois de février. Nous avons démontré comment nous avons élaboré un dieu méchant et impuissant, un dieu. Nous avons le sentiment d’un dieu qui nous persécute, qui nous fait descendre dans le désespoir. Je vous encourage vivement à lire et à réfléchir à ce deuxième sermon.

Selon Jung, l’Église doit travailler la deuxième partie de sa vie, c’est-à-dire non son avoir, mais ce qu’elle est. Pour cela, elle doit se réconcilier avec son passé. Réconcilier à notre passé, c’est avoir la capacité de retravailler notre histoire. D’après le titre du journal, nous sommes un géant, mais nous sommes si faibles, si bêtes, si fainéants, si laids, si drôles, si irrationnels et maladroits. Nous sommes un lion en train de mourir. Nous ne possédons aucun pouvoir sur nous-mêmes et sur les autres. Que lamentable notre Église ! Nous sommes si pauvres, une pauvrette Église. Nos prières ne s’étendent pas au-delà du bout de notre nez. Pas plus que nos actions, elles ne vont pas plus loin que dans nos quatre murs. Une pauvrette église qui s’ignore et qui ne connaît pas son pouvoir et sa limite. La notion de qui nous sommes doit être préoccupante pour nous aujourd’hui, notre identité. Qui sommes-nous ? Le Prophète Makenso, qui devient la star du secteur protestant sur les réseaux sociaux, ne cesse de nous faire la leçon depuis sa chair de l’église. En essayant de mélanger le vrai et le faux, la foi et le vaudou ». On a l’impression que la vérité vient de la bouche d’un profane, car les grands ne s’expriment plus ou n’ont rien à dire. D’après Bernard Kaempf, si tous les hommes de bonne volonté tentaient de résoudre les conflits dans leur entourage immédiat et de faire disparaître les causes de ces conflits, ils seraient au moins un exemple. Si l’Église veut être un exemple, elle doit connaître qui elle est vraiment.

Comment notre Église peut-elle intervenir dans cette crise, si elle ne reconnaît pas son pouvoir d’être et reconnaît son pouvoir d’être, mais comment ?

Dans ce cas, on peut évoquer, pour l’Église, et ceci à la manière de Jung, que l’Église est à son premier stade de développement.  Comme le développement psychologique de l’enfant, dans son premier stade, l’enfant a un moi conscient qui n’existe pas encore. De ce fait, la mentalité de l’enfant est en contact étroit avec l’inconscient collectif de ses parents. D’après lui, l’apôtre a repris la pensée de l’enfant, et nos pasteurs ont su la propager. Le stade d’enfance d’un fidèle à l’âge adulte. Au cours du développement de l’enfant, une conscience individuelle du moi se développe. Lentement, le conscient se différencie de l’inconscient collectif de ses parents ou de son entourage, car ce dernier est réprimé. Son identité personnelle se manifeste alors, organisée par les valeurs, les idéaux et les symboles de la conscience collective. En reprenant le modèle de Jung et en le collant sur celui de l’Apôtre Paul, ne sommes-nous pas dans un stade d’enfance ? Nous ne sommes pas inconscients de notre pouvoir d’être, inconscients de ce que nous sommes vraiment, inconscients de notre identité. Vraiment, la crise nous emporte et nous sommes en train de nous noyer.

  1. Les mauvais jours nous emmènent sur le chemin de la réconciliation et nous emmène à fonder une nouvelle alliance de peuple de Dieu.

Dans ce niveau de réconciliation, il s’agit de redéfinir une nouvelle identité dans le cadre d’un projet d’alliance avec le peuple de Dieu. L’idée d’alliance est salvatrice dans ces mauvais jours. Quels seront les tenants de cette alliance ? Ils sont des partenaires de dialogue. Du fait qu’ils se sentent habités par l’idée que leurs convictions sont la clé ou le fondement du dialogue qu’ils entretiennent avec leur entourage.

En réalité, cette approche a pour but de présenter, au sein de notre Église, un langage universel, comme une sorte d’identité communautaire. Ce qui est certain, c’est que l’église est église grâce aux autres. C’est par un mouvement de retour que nous sommes vraiment église de Jésus. À mesure que nous nous exposons, que nous nous ouvrons à l’autre. Depuis la fondation de l’Église, nous sommes connectés les uns aux autres, dans une communion, une relation avec autrui. Cet amour que Christ nous a transmis, et qui est la pierre angulaire de l’église, nous demande d’aimer les uns les autres. C’est à l’Église d’assumer pleinement la responsabilité d’accompagner l’autre église dans sa traversée et ses défis. C’est à nous de nous sentir aimés par l’autre église, accompagnés par elle en ce temps difficile.

Une Église qui cherche Dieu doit se sentir aimée par Dieu. Car Dieu est amour, il nous rejoint à travers cette communion d’amour des uns et des autres. Sous le signe de l’alliance, l’Église a subi une redéfinition. Nous ne sommes jamais une église sans l’autre, sans l’existence de l’autre, sans notre frère, notre prolongement dans la foi, nous ne sommes rien. Et comme affirme : « le-moi et le soi s’appellent l’un l’autre, le moi se renverse en soi, du soi et dons des liens ». Sans ce lien, mon église n’est pas une église, je suis église car je fais corps avec lui, lui, mon frère et ma sœur. Sans toi, sans aucune autre église, je suis juste une illusion vide de sens. Sans ce vis-à-vis, je ne suis pas une église. Je suis Église car je reconnais dans l’autre, une autre église, un frère, car je lui ai donné, un don de moi-même. Nous sommes un partenaire de dialogue car nous nous laissons inspirer par l’idée que notre conviction de chrétien est la base du dialogue que nous engageons avec l’autre.

C’est la raison pour laquelle la commission de la FPH choisit d’adopter la position d’intra-ecclésial. Nous sommes membres d’un seul corps. Nous avons un acquis de dialogue. Il faut conserver ces acquis dialogaux issus dans la Bible. D’après la Bible, la convoitise de Satan a provoqué une division entre Dieu et les hommes dès le commencement. Une sentence a été prononcée contre le diable et ses agents. Ils ont planifié d’emporter l’humanité entière avec eux dans leur colère, et ils ont failli l’accomplir. C’est dans ce contexte que Dieu a mis en place une alliance afin que l’humanité puisse s’échapper à cette destruction. Mathieu 28.18, le texte nous ordonne les mots de Jésus : « Jésus s’approche et leur dit, tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre ». Avec le pouvoir divin, une alliance peut nous sauver de cette disparition.

La commission de la FPH a mis en place un projet grandiose. Il s’agit d’un projet appelé Synode, où l’Église de Jésus sera réunie autour d’une table pour discuter de l’avenir de notre société. C’est une forme d’alliance. Dieu a établi une alliance pour que l’humanité puisse échapper à cette malédiction de Satan. Son fils Jésus est venu sur terre pour partager son amour, c’est pourquoi il l’a envoyé. C’est le secret le plus précieux que l’humanité puisse découvrir. C’est une entente qui a sauvé Noé et son peuple, une entente qui a sauvé l’humanité de la destruction de l’ennemi diabolique. Cette alliance a contribué à sauver l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale et à consolider l’Union Européenne depuis 1945. De quelle manière l’alliance de l’Église peut-elle nous protéger de cette destruction et de cette disparition, car elle est proche ?

C’est effectivement le véritable sens de notre projet synode au sein de notre communauté protestante. Il s’agit d’un projet de rencontre, d’un événement qui aura lieu pour nous former en une institution de dialogue. Face à la fracture et à la division croissantes dans le monde, notre projet synode vise à créer un moment de rassemblement et de réconciliation entre frères et sœurs.Une alliance est si forte qu’elle transcende la mort et demeure valide de génération en génération. Le résultat d’une alliance est qu’elle met un terme à l’hostilité et à l’incertitude et mène à une situation de paix la relation d’alliance implique. La paix est la condition capitale du développement de la vie. Ce n’est que lorsque la paix existe que la vie s’épanouit et qu’elle est appréciée. Le mot paix ne se limite pas simplement à l’inexistence d’hostilité ou l’absence de guerre. La paix concerne la santé et le bien-être, la prospérité et l’abondance. La paix existe lorsque tout va bien, lorsque tout fonctionne normalement et lorsque tout le monde respecte ses engagements.

Israël doit retrouver la base de son identité originelle, retrouver la base de ce que nous devrions être, de ce que nous étions peut-être avant. Nous pouvons faire de l’épreuve une éternité, si seulement on refuse d’apprendre. La garantie de notre liberté de peuple de Dieu nous permet à Dieu de mettre fin à notre épreuve. Nous nous rappelons l’endurcissement du peuple israélien lors de l’Avenue du Messie. Il refusait d’écouter les avertissements, de se mettre à l’écoute des prophéties, ce que la parole de Dieu nous a dit à propos de chaque moment difficile. Au lieu d’aller creuser ce que Dieu leur a promis, de leur léguer comme parole, le peuple préfère s’endurcir jusqu’à mettre à mort le Messi. Vous avez la possibilité de rester replié sur vous-même et de vous accrocher sans cesse aux mêmes expériences et aux leçons que vous avez apprises avec Dieu. Je viens vous dire ce matin que, dans cette période difficile, il est essentiel d’élargir notre horizon, d’élargir notre imagination. Les prophètes soutiennent Israël dans sa lutte contre la crise, tout en saisissant l’appel à se repenser, à se repenser et à repenser les structures communautaires. Au cœur de l’échec ou de la crise, là où se trouvent nos temples et nos églises, une alliance nouvelle émerge. Un profil d’un autre peuple d’Israël se dessine à travers l’exil. Un profil d’autre peuple de Dieu haïtien doit être dessiné à travers cette crise. Alléluia.

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